BROYAGE DES PIGMENTS DE COULEUR

Le broyage des pigments de couleur est très important. En effet, il est essentiel de broyer avec soin les couleurs. On pourrait penser que c’est une perte de temps pour les peintres. Mais c’est tout le contraire : ils gagnent du temps du côté de la perfection et de l’emploi. Car, plus les couleurs sont broyées, plus elles sont fines, et donc plus elles s’étendent et couvrent de surface. Ainsi, le produit colorant produit plus d’effets et moins il en faut, par conséquent, dans le mélange.

On emploie souvent des ocres, les noirs et la terre d’ombre sans les broyer. Cette coutume est admise pour les murs, les carreaux et parquets, mais pas pour les ouvrages soignés.

Dans les divers cas que nous citons, on infuse ces substances colorantes uniquement dans l’eau et on les détrempe à la colle.

Les tables sur lesquelles on broie les couleurs sont du porphyre, du granit ou des pierres très dures. La molette dont on se sert est de même nature.

Les couleurs se broient à l’huile, à l’essence ou à l’eau.

Parlons tout d’abord du broyage des pigments de couleur à l’huile ou à l’essence. Ils se pratiquent de la manière suivante :

– On met sur la table une quantité déterminée de pigment et l’on verse dessus la dose indispensable de liquide, huile ou essence, pour commencer la trituration.

– Puis, on en ajoute de nouveau au fur et à mesure qu’elle s’avance et qu’enfin on la juge assez divisée et assez fine. Elle doit avoir la consistance d’une pâte un peu ferme.

Ensuite, parlons du broyage des pigments de couleur à l’eau.

– Dans ce cas, on humecte la couleur avec de l’eau et on commence le broyage (si besoin on peut ajouter de l’eau). Puis, lorsque la couleur est assez fine, on en fait des petits tas sur des morceaux de verre et on les laisse sécher à l’abri de la poussière.

En général, toutes les couleurs ainsi préparées ont besoin d’être broyées une seconde fois avant d’être employées soit à l’eau, soit à l’huile.

MISE EN ŒUVRE :

Une pierre dure pour le socle (du marbre) et une molette en verre. Utiliser un liant à l’eau pour les techniques à l’eau; et liant à l’huile pour les techniques à l’huile.

Pour le broyage des pigments pour les techniques à l’huile :

Sur la plaque de marbre on dispose les pigments et un peu d’huile de lin cuite. On laisse tremper le temps que les pigments absorbent l’huile. Ensuite, on amène l’ensemble au centre de la plaque et on commence à broyer avec la molette, le poignet souple en formant des 8. Quand le broyage est terminé, nous aurons une pâte onctueuse qui glissera le long du couteau (pas de goutte à goutte). Si vous avez besoin de rajouter de l’huile pendant le broyage, vous pouvez, mais uniquement par petites gouttes.

Pour le broyage des pigments pour l’aquarelle :

Prendre du pigment et l’arroser avec de l’eau gommée (voir recette gomme arabique) 10 h avant le broyage. Pour le broyage, vous y ajoutez du miel, de la glycérine (voir recette exacte de l’aquarelle) et du fiel de bœuf 4 à 5 gouttes, il faut obtenir une pâte onctueuse, et assez épaisse (pour la conservation ajoutez du phénol 4 gouttes) remplir les godets.

Pour le broyage des pigments dans la fabrication des pastels secs : 

Sur la plaque on place les pigments, le kaolin la glycérine et la gomme adragante diluée (voir recette gomme adragante).

Même si on trouve cette étape laborieuse, elle est indispensable pour les utilisateurs de pigments dans des techniques artistiques. Pour la décoration on peut s’en dispenser. Car l’action de broyer permet au pigment de s’éclater (avec un liant de broyage) permet de sublimer la couleur, de la rendre plus intense (broyer chaque couleur séparément).

Les pigments peuvent être dilués avec : de la lécithine de soja, du miel, de la glycérine, de l’eau de chaux, de l’huile…

A vos molettes ou galets pour bien faire exploser les molécules de pigments et avoir des couleurs éclatantes et puissantes.

Merci de me donner vos impressions. A bientôt Sylvie

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