La saga Color-Rare

Publié le 14 Mar 2018

MON HISTOIRE EST SIMPLE...

Je m’appelle Sylvie Eyraud. Je suis née en 1960. Mes parents, agriculteurs, sont venus s’installer en ville car il était difficile de faire vivre la famille en travaillant la terre. Ils ont ouvert une épicerie qui devint mon terrain de jeu à partir de l’âge de quatre ans (c’est sûrement de là que vient mon goût pour le commerce). 

Le temps passait. Je voulais peindre...  Seulement, je ne savais pas comment !                                                         

Je découvris alors la peinture décorative, les glacis à l’huile, la térébenthine, et... les allergies, et la  maladie…
Je persistais et trouvais une formation de peinture à fresque dans le sud de la France, aux ateliers du Beaucet. 

Ce fût la révélation, et le début d’une passion pour la chaux, les techniques anciennes de peinture décorative et la  technique de la fresque.

Dans le bureau du directeur de l’école, Monsieur Maurel, se trouvait une collection de pigments allant des plus ordinaires aux plus précieux, venant des quatre coins du monde, comme des trophées.

  

Nouveau déclic : j’ouvrirai une boutique où je les  aurai tous... (Bien sûr, c’était du rêve car tous, c’était impossible). Mais je les cherchais chez de nombreux fournisseurs, profitant de chaque voyage pour les dénicher dans les recoins des drogueries ou chez les marchands de matériaux traditionnels. 

Je voulais une boutique où l’on pourrait trouver tout ce qu’il n’y a pas ailleurs. J’avais cette ambition de faire revivre les techniques picturales anciennes et naturelles.


EN 1997, CE N’ÉTAIT PAS LA TENDANCE DES PRODUITS NATURELS DANS LE BÂTIMENT

Mais avec de l’entêtement, on arrive à convaincre. Je trouvais une boutique dans le vieux Bordeaux : une friche commerçante des grossistes de vêtements.  Une boutique assez grande, avec un plancher de bois et des murs en pierres. 

Le propriétaire ne me fît pas payer de caution et m’offrit le premier mois pour que je fasse des travaux. Prix du loyer : 2 000 francs. Me voilà partie pour l’aventure avec 500 francs en poche…et la capacité de  beaucoup travailler !

Il ne me restait qu’à trouver des clients. On me regardait bizarrement dans le quartier, car je n’étais pas loin des bureaux des bâtiments de France et les entreprises de rénovation de façade commencèrent petit à petit, à pousser la porte de ma modeste boutique. Quelques pigments, une palette de chaux en pâte et quelques brosses à badigeon, voilà tout mon trésor.

Je me transformais en femme orchestre, sur chantier, en boutique, conditionnant les pigments et préparant les commandes. Les journées n’en finissaient plus, et les dimanches n’existaient pas. 

Mais quel bonheur d’être dans mon magasin qui était unique. Il ne ressemblait à aucun autre.
“Marchande de couleurs, marchande de bonheur”, voilà comment je me présentais

Le début de la boutique...1998, 1999

 

LE SAMEDI, C'ETAIT LES STAGES

Le samedi, c’était le jour des stages, où particuliers et professionnels venaient découvrir l’utilisation de la chaux et des pigments. Que de joies, de rires, et de rencontres merveilleuses  qui m’ont encouragée à continuer cette aventure et à améliorer la recherche de mes produits.

  


2000, L’ANNÉE DU PASSAGE A L'EURO

2000 : l’année du passage à l’euro et la rencontre avec Roberto, un fabricant de  peintures et enduits naturels, plutôt intégriste du  naturel et surtout italien, parlant le français spaghetti.



Une amitié solide et constructive nous a permis de créer de nouveaux produits et d’améliorer certaines de ses fabrications. 

Une nouvelle façon de cuisiner la chaux, d’avoir des produits naturels qui se superposaient et pouvaient se mélanger. Créations infinies de produits, j’étais aux anges… (Et depuis 2015 lui aussi, car il nous a quitté pour l’infiniment beau).

Je ne savais pas que j’étais en train de changer et me transformer, que ma quête personnelle de  travailler avec des produits naturels pour ma santé et mon bien-être était une véritable croisade.

Mon père avait pour habitude de dire « mourir oui, mais en bonne santé ! ». Au fond, aujourd’hui, c’est ce que nous cherchons tous (sauf sûrement les  fabricants de produits toxiques pour les humains et  l’environnement).

Depuis le changement de millénaire, notre collection de pigments s’est agrandie et nous avons créé des nuanciers à l’infini en mélangeant toutes sortes de couleurs. 

Je cuisinais avec des pigments sans jamais me  rassasier de la beauté des nuances et de la subtilité des teintes. 

Encore aujourd’hui j’aime me laisser prendre au jeu de chercher des couleurs inédites car nous avons trouvé de nouveaux pigments et l’aventure continue...


L'EVOLUTION DES BOUTIQUES

Agrandir les boutiques, louer celle d’à côté, celle d’en face, et un entrepôt chez un transporteur car il était impossible de se faire livrer directement  notre camion d’Italie, acheter un fourgon pour nous  livrer nos produits, ça commençait à devenir difficile de rester dans le centre-ville.


Surtout en pensant aux travaux qui devaient avoir lieu dans la rue (après le tramway, la place Lafargue, maintenant la rue Sainte-Colombe). 

Il fallait trouver rapidement un autre lieu pour  continuer à exister et à se développer. C’est là que mon mari entra en scène.  Il trouva le terrain et construit un bâtiment avec de la lumière (les vieilles échoppes ont du charme, mais l’éclairage est artificiel…). 

Nous décidons de nous développer en créant un  réseau de franchises. Pour cela, notre nom « matières et couleurs » ne pouvait être utilisé comme enseigne (car depuis des années d’autres entreprises l’avaient utilisé), alors nous choisissons “COLOR-RARE”. 

Difficile pour nous de changer de lieu et de nom en même temps, comme un séisme, nous avons mis  plusieurs années pour relever le défi, et nos clients nous retrouvent....


NOTRE LOGO, LA TRIPLE ENCEINTE

Notre logo, la triple enceinte, m’est inspiré lors d’un voyage en Italie où je visitais les grottes d’Ossimo avec Roberto. C’était une véritable petite ville souterraine,  construite par des chevaliers templiers.

  

Ce graffiti s’est imposé car je n’arrêtais pas de le  dessiner. Il est devenu notre logo, comme une  évidence.
Notre nouvelle boutique ne ressemble vraiment pas à l’ancienne. 

Plus fonctionnelle, plus lumineuse, et surtout plus grande, elle s’organise autour du “bar à couleurs” où l’on fabrique la couleur devant vous en  n’hésitant pas à vous donner le petit conseil qui va vous  aider à réussir votre application.
Vous aurez toujours un sourire, un bonjour, et la bonne odeur des produits naturels.

Nous modulons notre espace en fonction de nos  nouvelles idées. 

Nous cherchons toujours de nouvelles matières, de nouveaux cycles d’application, en essayant de pousser le plus loin possible les limites de nos produits. Ne craignant pas la difficulté, nous aimons expérimenter.

NOTRE NOUVELLE BOUTIQUE NE RESSEMBLE VRAIMENT PAS A L'ANCIENNE


  


NOUS SOMMES UNE PETITE STRUCTURE DE SEPT SALARIÉES (AU FÉMININ)


    

Isabelle, directrice, est rentrée presque par hasard dans l’entreprise. Maintenant, elle la pilote (comme quoi le hasard !)...

Sylvaine est la formatrice des produits Color-Rare et  s’occupe de la boutique.

Emmanuelle est arrivée dans l’entreprise quand nous avons déménagé de Bordeaux centre. Elle s’occupe de la comptabilité à temps partiel.

Bénédicte, Céline, Marina et Sabrina complètent l’équipe.


DÉJÀ  20  ANS !

Et moi, je retourne à mes origines. Je cultive des framboises sans produits chimiques !
Framboise... la couleur est toujours présente dans ma vie, je l’ai réinventée, mélangée, appliquée, transmise, et maintenant… je la mange ! Je prépare l’ouverture de chambres d’hôtes, toutes réalisées avec les produits COLOR-RARE, pour faire de ce lieu unique un havre de paix aux couleurs fruitières.


Sylvie EYRAUD